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 MODULE 3 - Analyse du travail, évaluation des risques et action de prévention


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publié le 2 juillet 2015

Les organisateurs du travail ont l’obligation de normaliser les procédures, les manières de procéder. Le préventeur, plus spécifiquement, produit des normes de sécurité en fonction de ce qu’il connaît des matières, produits, postures et normes physiologiques. Ces dispositions normatives sont le fruit de longues enquêtes scientifiques et parfois de longues batailles pour faire reconnaître certains risques : un tel cadre est donc essentiel, hautement respectable et doit faire l’objet de formations appropriées.

Toutefois, l’analyse de l’activité met en évidence un paradoxe : si ces normes sont indispensables, elles doivent composer avec une réalité qui ne correspond jamais à l’idéal de la norme. C’est que non seulement le milieu de travail est toujours en partie singulier, mais en plus chacun a sa propre manière de faire vivre les normes. L’activité humaine est en quelque sorte un retravail permanent, individuel et collectif, des normes qui la précèdent.

Ignorer ce retravail permanent de la norme en situation, ou « renormalisation », ce serait méconnaitre qu’au-delà des risques professionnels déjà identifiés, il existe des risques du travail, au cœur de l’activité réelle, dans les micro-arbitrages qui cherchent une cohérence toujours provisoire entre les préoccupations de santé et celles d’efficacité. L’ergologie est une approche pluridisciplinaire de l’activité humaine visant à donner de la visibilité à ces arbitrages en situation. On peut ainsi supposer, note Yves Schwartz – le promoteur de l’ergologie –, que les troubles musculo-squelettiques ne sont pas sans rapport avec la qualité ou l’obstruction des arbitrages que peuvent s’autoriser à faire dans leur entreprise les agents adonnés à des tâches relativement répétitives.

Plutôt que de regarder la densité du travail humain comme un obstacle à son organisation optimale, l’approche ergologique veut prendre appui sur sa complexité pour développer de nouvelles méthodes telles que l’ergoprévention. Il s’agit de former, en lien avec les instances chargées des questions de sécurité dans l’entreprise, des animateurs de groupes qui sont centrés sur l’analyse de l’activité.

L’objectif est de mieux connaître – dans le respect d’une déontologie – les phénomènes de renormalisation dans les collectifs de travail, à la fois pour assurer une prévention durable grâce à une appropriation plus authentique des normes et pour permettre certains renouvellements, le cas échéant, du cadre normatif, désormais mieux instruit par l’activité réelle.

Dans le module 3 du D.U. « Analyse du travail et risques professionnels », trois journées seront proposées pour former à l’approche ergologique et à l’animation de groupes selon une démarche d’ergoprévention. Les deux autres journées seront consacrées à la question de l’évaluation des risques et de l’établissement du document unique.

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